Mes mygales

Mes mygales.

Je consacre cette rubrique pour vous parler de chacune de mes espèces d’araignées. Je vais vous relater mes expériences avec elles en fonction de leur comportement et de leur zone géographique. Je vais aborder le thème de leur caractère et vous verrez qu’il y a une grande différence entre des espèces sud américaines et asiatiques. Je vais vous expliquer ce que vous pouvez faire ou pas et ce que vous devriez faire ou pas.

Je vous donnerais des détails sur leur maintenance (taille du terra, chaleur, lumière, humidité et plus encore) dans le but d’aider les novices qui auraient envie de se lancer dans la maintenance de ces magnifiques et stupéfiantes arachnides et ainsi vous éviter des erreurs qui pourraient nuire à vos protégées. Je vais vous montrer qu’une mygale n’a rien de diabolique, qu’elle demande peu de soins mais qu’avec un peu d’observation vous aussi tomberez sous leur charme, comme ce fut mon cas il y a déjà bien longtemps.

Je vous rappelle qu’à tout moment vous pouvez m’envoyer vos suggestionsm questions ou autres demandes par le biais du formulaire de contact. Je suis toujours heureux de répondre à des passionnés d’araignées et de partager ensemble nos expériences avec elles.

J’espère que mes observations pourront vous aider et vous donneront envie de mieux connaître le monde fascinant des mygales.

Bonne lecture.

Je pense qu’avant toute acquisition d’une mygale, il vous faut savoir ce que vous recherchez. C’est comme quand vous voulez acheter une voiture. Posez-vous la question de ce que vous attendez de ce véhicule. Recherchez-vous une voiture pour la vitesse ? Pour le travail ? Un véhicule utilitaire ? Ou pour la frime tout simplement ? Quand vous voulez acquérir un animal c’est un peu la même chose et particulièrement une mygale.

Une araignée peut vous en mettre plein les yeux par se beauté, sa robe éclatante (Poecilotheria Metallica), mais elle peut aussi être nerveuse et rapide (Omothymus Violaceopes). Elles peuvent être également d’infatigables travailleuses ( Lasiodora Parahybana). Sans parler du prix que vous allez débourser pour une de ces beautés, il faut vous demander avant toute chose : Pourquoi ?

Je le dis et je le répète sans arrêt, une mygale ce n’est pas un chat ou un chien. Une mygale ne réagira pas à vos complaintes. Elle ne fera pas la belle si vous le lui demandez. Après quelques jours, vous risquez de vous demander dans quelle galère vous vous êtes lancé avec cet animal. Imaginez un Pit Bull. C’est puissant, musclé, impressionnant. C’est un chien qui défraie souvent la chronique en raison de son caractère soit disant mauvais, méchant ou agressif. Savez-vous qu’une mygale transmet plus la peur aux être humains qu’un Pit Bull ? Vous allez me dire que j’exagère mais renseignez-vous. Demandez autour de vous et posez la question : Quel animal de la création vous rebute le plus ? Lequel est celui qui vous fait hérisser le poil ou vous donne la chaire de poule ? La réponse la plus souvent citée est l’araignée.

Si vous voulez acquérir une mygale, attendez-vous à vous faire traiter de fou ou de marginal parce que dans l’imaginaire des gens, la mygale est, comme le Pit Bull. :mauvaise.

Si je peux vous donner un premier conseil, ne cherchez pas à prendre une mygale (un serpent ou un scorpion) pour épater la galerie. Vous constaterez rapidement que votre cercle d’amis va vite se rétrécir. Prenez une mygale pour ce qu’elle est : un animal tranquille, actif la nuit, qui ne demande pas un grand budget et surtout aucune autorisation (en Suisse), un animal qui vous permettra de partir un mois en vacances sans frais de garde, etc….. Une mygale n’est pas un animal de compagnie conventionnel mais c’est l’animal de compagnie parfait, Ne vous attendez quand même pas à des effusions de câlins de sa part parce que l’araignée, et la mygale plus particulièrement, n’a aucune empathie pour l’être humain. Elle ne nous aime pas, alors pourquoi en prendre une ? Je vous répondrai simplement : Pourquoi prendre un chien ou un chat ?

J’ai une vision de l’animal dans son ensemble. Le fait que je les connaisse bien me facilite grandement la tâche et je n’en attend pas autant d’un novice. Mais si je peux, ne serait-ce que déjà éveiller votre curiosité sur cet animal j’aurai réussi.

Pour en revenir au choix de votre araignée, en toute logique je vous conseillerai une espèce calme, peu nerveuse, placide, qui ne se cache pas ou peu, que l’on peut observer facilement en journée, qu’on peut (même si je déconseille cette pratique ) manipuler sans trop de soucis et risques de morsures, robuste et très facile en terme de maintenance parce que vous verrez au fil de la lecture que toutes les espèces ne sont pas facile à détenir.

Pour mettre un nom sur cette mygale, je dirais qu’une espèce du genre Grammostola Rosea ou Aphonopelma Hentzi serait un bon choix. Ce sont deux espèces qui ne viennent pas de la même zone géographique mais qui, par leur caractère, sont faciles. J’en possède une de chaque et je dois avouer que je ne m’en lasse pas. Ce ne sont vraiment pas des araignées compliquées, bien au contraire. Ma Rosea est déjà âgée puisqu’elle a 19 ans. Je sais qu’elle ne va pas vivre encore dix ans et je le regrette car c’est une star chez moi.

C’est une mygale qu’on trouve régulièrement au Chili, en Argentine et en Bolivie. Elle fait partie de la famille des Theraphosidae. Ce n’est pas une grosse mygale puisqu’elle arrive rarement au delà des 15cm (avec les pattes) de diamètre pour les femelles. Les mâles sont un peu plus petits comme souvent chez les araignées. Je l’adore parce qu’elle se montre tout le temps. C’est une espèce terrestre mais il peut lui arriver de creuser des galeries souterraines, même si c’est assez rare.

Elle est facilement reconnaissable grâce à sa robe entièrement grise sur l’abdomen, le céphalothorax aussi est gris mais avec de superbes reflets roses d’où son joli prénom Rosea. On trouve également ces reflets rosés sur les pattes, notamment au niveau du fémur et des patelles. Juvéniles, elles sont plutôt brunes et au fil des mues elle va devenir toujours plus grise.

C’est une espèce très facile à maintenir, au caractère très placide. Je l’ai rarement vue agressive, même quand elle a faim. Elle ne se met que rarement en position de défense. Au contraire, elle reste immobile et attend son repas. Elle est également robuste et très tolérante quant à la température et l’humidité. Une pièce à température ambiante et une humidité variant entre 40 et 60 % lui conviennent très bien. Dans les points négatifs, je dirais juste qu’elle manque un peu de peps, mais comme je l’ai dit ma rosea est déjà âgée donc ceci explique cela. C’est une araignée qui se nourrit très bien en terra. Pour finir, c’est une espèce que je recommande sans problème aux novices qui cherchent leur première mygale.

L’Aphonopelma Hentzi est également une mygale facile pour les débutants. Elle fait partie de la famille des Theraphosidae. Son caractère est très semblable à la Grammostola Rosea et, comme cette dernière, elle se montre beaucoup. Cette espèce se trouve facilement au Mexique et aux USA. Ma femelle est déjà âgée. Elle a environ 15 ans. Comme elle n’est pas née chez moi, je ne suis pas sûr à 100% de son âge réel, mais quand je regarde son abdomen, sa manière de vivre et son énergie je me dis que je ne suis pas loin du compte.

C’est donc une petite mygale aussi. Peut-être même un peu plus petite que la Rosea, ma femelle arrive à 13cm (pattes comprises) de diamètre. Je sais que dans leur milieu naturel, elles sont plus grandes, voir même beaucoup plus grandes. J’en ai vu qui avaient des tailles impressionnantes (17-18cm). C’est aussi une espèce qui se montre beaucoup et qui n’est pas agressive du tout. Il est tout à fait envisageable de les manipuler, en prenant toujours quelques précautions. On la reconnait facilement en raison de son abdomen et ces pattes brun très foncé qui peuvent même tourner au noir alors que sa carapace (céphalothorax) est beige clair ce qui lui donne une style facilement reconnaissable. Ces pattes, fémur, patelles, tibia ainsi que les tarses sont brun noir.

C’est également une araignée facile à maintenir en raison de son caractère docile. Elle est rarement active la journée et ne se décide à bouger que la nuit tombée ou quand elle se nourrit. Elle est aussi peu exigeante en terme de maintenance. Une pièce à température ambiante (22-25° la journée) lui convient très bien. Évitez tout de même de descendre en dessous des 20° la nuit. C’est une araignée terrestre qui cherchera des abris sous des rochers ou des racines mais qui peut aussi creuser de petites galeries même si c’est rare. Elle aussi se nourrit très bien en captivité. Je la conseille sans problèmes aux novices.

Dans la categorie des mygales faciles à maintenir, je mettrais encore la Lasiodora Parahybana, la Brachypelma Vagans, la Brachypelma Albopilosum ainsi que l’Aphonopelma Seemanni. Ces araignées, bien qu’imposantes (Lasiodora Parahybana), ont un bon caractère, elles sont rarement agressives mais peuvent tout de même avoir des réactions imprévisibles. Il faut donc rester prudent avec elles, mais elles conviennent parfaitement à un novice.

Je maintiens une Lasiodora Parahybana depuis de nombreuses années maintenant. C’est une espèce de grande taille de la famille des Theraphosidae qui est endémique du Bresil. Elle a longtemps été ma plus grosse mygale puisqu’elle mesure 27cm (pattes comprises) et qu’elle doit bien peser dans les 90 a 100 grammes. Les Lasiodora, que ce soit les Parahybana ou les Klugi sont de très grosses mygales. Un petit coup d’œil sur ces chélicères et vous comprendrez ce que je veux dire.

Heureusement, c’est une espèce relativement calme. Je dis relativement parce qu’elle peut aussi se montrer vive et rapide pour sa taille, mais je n’ai pas le souvenir de l’avoir réellement vu agressive. Quand la bouffe est servie, c’est impressionnant de voir à quelle vitesse elle fond sur sa proie à qui elle ne laisse aucune chance. Elle est de couleur brune à brun foncé. Chacune de ces articulations est entre-coupé d’un fin trait de couleur beige/jaune. C’est aussi une araignée très velue. Elle n’a pas l’air comme ça, mais c’est vraiment une magnifique mygale qui est facile d’entretien. Du fait de sa taille imposante, elle nécessite un terra adapté à sa taille. Mettez une bonne couche de tourbe semi-humide au fond puisqu’elle creuse facilement, mais sinon une racine de liège fera très bien l’affaire comme cachette. Pour la température, celle de la pièce à vivre fera très bien l’affaire, 22 à 25° en journée et 20° la nuit c’est parfait. Veillez tout de même à ce que l’hygrométrie soit assez constante. Entre 50 et 60% lui convienne bien et pour le reste elle pardonne beaucoup d’erreurs de débutants. De plus elle se nourrit très bien en captivité. Elle ne pose donc pas de problèmes et je la recommande sans conteste aux novices.

Brachypelma Vagans est également une mygale de bonne taille de la famille des Theraphosidae. Je possède deux spécimens de cette belle araignée qui nous vient du Mexique et d’Amérique Centrale. C’est une de mes premières araignées et je ne me lasse pas de sa belle robe noir brillant avec ces poils orangés sur son abdomen. Sur certain aspect, on dirait qu’elle est soyeuse mais en apparence seulement. Les mygales du genre Brachypelma ne sont pas réputées pour être nerveuses et agressives. Elles sont plutôt calmes mais peuvent parfois se montrer teigneuses si on les dérange.

Brachypelma Vagans ne fait pas exception à cette règle. Celles que je possède sont plutôt calmes et se montrent assez souvent. Les juvéniles se montrent moins facilement que les adultes et sont un peu plus véloces. Elles sont de taille moyenne à grande, mes Vagans sont de tailles différentes en raison de leurs âges 15-16cm (pattes comprise) pour ma femelle adulte de 10 ans et environ 9 cm pour ma sub-adulte de 4 ans. Elles sont très semblables au niveau de la robe et des couleurs. Les juvéniles ont très vite leur teinte définitive.

C’est une araignée facile à maintenir. Il faut quand même prévoir un terra de bonne taille en fonction de sa taille. Une bonne épaisseur de tourbe pour qu’elle puisse creuser un peu même si ce n’est pas garantie qu’elle le fasse et une écorce de liège ou des branchages qui lui serviront de cachettes. C’est une espèce qui aime les climats arides donc de la chaleur mais peu d’humidité. 22-25° la journée et 20 la nuit lui suffisent. Cette espèce se nourrit très bien en terrarium : des blattes, grillons ou locustes font partis de son régime alimentaire mais, dans son milieu naturel, elle se nourrit également de petits lézards ou petits mammifères comme des souris.

Comme toutes les espèces du genre, je les recommande aux novices. Elles sont le parfait juste milieu pour celui ou celle qui veut débuter avec une mygale de bonne taille au caractère un peu plus affirmé. Prudence tout de même avec les soies urticantes. Les Brachypelma, comme beaucoup de mygales sud- américaines, bombardent facilement et ses soies urticantes sont parfois très désagréables sur la peau mais encore plus dans les yeux.

Dans la même catégorie que la Vagans, je classe la Brachypelma Albopilosum, une superbe araignée à la robe unique dans le monde des mygale parce qu’aucune autre n’a autant de poils qu’elle. Elle fait aussi partie de la famille des Theraphosidae. J’adore cette araignée justement à cause de cette robe qui la rend unique et juste magnifique. Sous cette robe justement elle cache un caractère très placide. Tout comme sa robe, elle a l’air douce au premier abord mais détrompez vous. Elle a un caractère bien trempé qu’il ne faut pas négliger.

Au premier coup d’œil, on sait qu’on n’a pas affaire à une araignée comme les autres mais on s’y attache aussi très vite, justement à cause de cette robe toute veloutée. On a juste envie de la prendre sur soi, de la porter. Brachypelma Albopilosum vient du Costa-rica et du Honduras. Elle a une bonne taille (15-16cm pour les femelles) et, comme souvent, les mâles sont plus petits et plus ternes aussi. Cette araignée est recommandé par les éleveurs du monde entier comme étant une espèce idéale pour les novices. Je suis en partie d’accord mais il y a quand même des points sur lesquels il faut être un peu plus pointilleux.

C’est une mygale qui ne demande pas beaucoup d’espace. Un terra de 30/30/30 suffira à son bonheur. C’est sur les conditions de maintenance qu’il faut être plus regardant. Elle a besoin d’une hygiène plus stricte. Le terra doit être nettoyé après chaque repas, l’eau doit être claire et propre, sous peine de se retrouver avec des parasites qui pourraient nuire à son bien-être. Mais sinon elle ne pose aucun problème particulier. Une bonne épaisseur de tourbe parce qu’elle aime creuser des galeries mais une racine de bonne taille suffira à son bonheur. Une température comprise entre 22-25° lui convient parfaitement et une humidité de 50-60% seront parfaites pour votre protégée.

La première chose qui nous vient à l’esprit quand on rencontre une Brachypelma Albopilosum c’est son aspect duveteux qui frappe le plus. Sa robe est de couleur grise sur tout le corps, gris clair sur l’abdomen et le céphalothorax, les pattes sont un peu plus foncées mais dans l’ensemble c’est le gris qui ressort le plus. J’apprécie beaucoup cette araignée mais pas uniquement à cause de sa robe douce et soyeuse mais également pour son bon caractère et son comportement calme. Mais attention tout de même parce qu’elle peut parfois se montrer teigneuse mais jamais agressive.

En terrarium cette mygale se nourrit plutôt bien même si elle ne se montre pas autant que ces deux cousines. Elle ne pose généralement pas de problème de maintenance si on respecte les quelques points que j’ai cités précédemment et elle ravira sans conteste ces heureux propriétaires novices ou confirmés.

Une autre de mes petites protégées est facile à maintenir mais demande tout de même un peu d’observation et de soins pour les mêmes raisons que Brachypelma Albopilosum c’est l’Aphonopelma Seemanni. Là on parle d’une araignée de petite taille, les femelles atteignant des tailles allant de 12-15cm (pattes comprises). Elle vient d’Amérique Centrale et du Costa-rica, et fait partie de la famille des Theraphosidae.

Cette araignée n’est pas spécialement belle mais son profil élancé et son bon caractère en font une mygale super pour les novices. Il est facile de la manipuler même si je déconseille tout de même cette pratique. Prudence tout de même, sa petite taille ne doit pas vous faire oublier que vous avez affaire à un animal venimeux et que, même si sa morsure n’est pas dangereuse pour l’homme, elle reste douloureuse avec les conséquences que cela implique.

Cette petite mygale demande peu de soin particulier. Un terra de 30/30/30 suffira à son bonheur. Comme elle ne creuse pas ou peu, pas besoin d’une trop grande épaisseur de tourbe mais une bonne racine de liège ainsi qu’un peu de sable fin (pour l’aspect visuel) seront du plus bel effet dans son terra. Niveau température, 22-25° la journée et pas en dessous de 20° le nuit seront parfaits pour elle. C’est une espèce qui se montre facilement et qui se nourrit très bien en captivité. Son menu est composé de blattes, grillons ou locustes.

Comme je l’ai dit, au niveau de sa robe rien de bien spectaculaire. Elle est de couleur brune (abdomen) à brun un peu plus foncé sur les pattes et le céphalothorax. De petites stries beige clair se retrouvent sur les patelles, les tibias, les métatarses et les fémurs. Donc rien de bien flashy si je puis dire. L’attrait de cette araignée est ailleurs et plus spécialement dans son caractère. Elle est très sympa, pas agressive du tout, elle se laisse facilement manipuler mais peut parfois se montrer réticente, surtout quand elle a faim…..N’allez jamais à main nue dans son terra, vous pourriez avoir une désagréable surprise. Mais à part ça, je la recommande sans conteste aux débutants.

Jusqu’à maintenant, je vous ai parlé des mygales que je possède et que je conseille sans soucis à un débutant. Ces araignées ne posent vraiment aucun problème particulier. Il y a toujours des précautions de base à prendre mais sinon elles sont sympas à voir évoluer dans leur terra, ont bon caractère, un comportement qui les rend faciles à manipuler si le cœur vous en dit et elles sont avant tout robustes et pardonnent pas mal d’erreurs.

Si vous avez des questions sur l’une ou l’autre de ces mygales, écrivez-moi par le biais du formulaire de contact sur le site et je vous répondrai avec grand plaisir ou venez me retrouver sur mon groupe Facebook.

Maintenant je vais aborder les mygales que je conseille à des éleveurs un peu plus confirmés. Ces araignées ne présentent pas de risques réels pour son détenteur mais demandent plus d’attention sur des points spécifiques mais ont également un caractère plus affirmé et un comportement plus agressif. Elles sont atteignables aux débutants sous réserves.

Pour commencer cette rubrique, je voudrais vous parler d’une mygale que j’adore. C’est pour moi sans conteste l’une des plus belles araignées sur notre belle planète. Je veux parler de l’Avicularia Versicolor, rebaptisée depuis peu « Caribena Versicolor ».

Les mygales du genre Avicularia sont originaires d’Amérique du sud pour la plupart mais la Caribena est endémique de la Martinique. Cette petite mygale est juste magnifique. Je ne sais pas comment la décrire et le terme qui me vient à l’esprit à cet instant est « pépite ». Cette petite araignée est une pépite multicolore, elle est juste magnifique et le mot est faible. Je pense que même pour quelqu’un qui n’aime pas les araignées ce sera pareil.

Je n’ai pas encore d’adultes chez moi mais je possède tout de même 6 mygalons de cette perle ainsi qu’une Avicularia Sp. Bleu. Je vous garantis que je me réjouis qu’elles deviennent vite adultes. Je me réjouis mais je sais que ce ne sera pas facile et simple parce que ces mygales sont peut-être les plus difficiles à élever en captivité. Il y a tellement de paramètres à prendre en compte : la chaleur, l’humidité, l’hygiène. Tout doit presque être parfait pour une maintenance dans de bonnes conditions et la petite ne pardonne pas l’erreur. Avec cette espèce il n’y a pas de demie mesure.

Avant toutes choses, c’est une petite mygale de la famille des Theraphosidae, endémique de la Martinique (pour la Versicolor). Les plus grandes atteignent des tailles de 13-15cm maximum. Comme toujours les mâles sont beaucoup plus petits et surtout moins colorés. Elle est arboricole, c’est à dire qu’elle vit dans les arbres. Elle ne descend que rarement sur le sol. En Martinique, la population vit en communauté avec elle. Il n’est pas rare d’en voir dans les maisons mais comme c’est une espèce protégée, les habitants lui font volontairement de la place et tout ce petit monde vit en parfaite harmonie. C’est donc une espèce qui est inscrite au CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction).

Il faut savoir que nombres de mygales sont inscrites sur cette liste. Pour les plus connues, il y a la Brachypelma Hamorii (ancienement Smithi) mais ce sont surtout les mygales asiatiques du genre Poecilotheria qui sont inscrites sur la liste du CITES mais j’y reviendrais plus tard.

Comme cette araignée est arboricole, il faut prévoir un terra avec une hauteur suffisante pour y installer une racine afin qu’elle puisse grimper et s’y cacher. C’est très important car comme je l’ai dit avant, c’est une espèce qui ne va que très rarement sur la terre ferme. Pour une sub-adulte un terra 20/20/30 fera parfaitement l’affaire mais une fois adulte, privilégiez des terras avec plus de hauteur du genre 20/20/40, elle se sentira plus à l’aise. Dans ces conditions, pas besoin d’une importante épaisseur de tourbe, 5cm seront bien suffisants et parsemez également des copeaux de coco pillée sur le fond. Pensez à une belle racine toute en hauteur et elle sera comme une reine.

Comme je l’ai dit précédemment, cette petite mygale a besoin de beaucoup d’attentions notamment au niveau de la propreté du terra et là je conseille de retirer à chaque fois les proie mortes sur le fond du terra. C’est très important parce que c’est une araignée très sensible aux parasites. L’eau doit être changée fréquemment également. Sinon c’est une petite araignée qui va enchanter son possesseur grâce à sa robe magnifique et ses couleurs éclatantes. Sa couleur de corps est plutôt bleue à bleu pâle, elle possède des chevrons noirs sur l’abdomen. Les pattes sont presque roses et le reste de l’abdomen est de couleur rougeâtre. La carapace est juste magnifique avec un subtile mélange de vert et de bleu avec des reflets turquoises,. La palette des couleurs de cette araignées en fait, à mon avis, une des plus belles. Elle a bon caractère et ne pose guère de problèmes. Elle est de plus très placide, elle n’est pas ou peu agressive ce qui rend sa captivée aisée et pour cela je la conseillerais aux novices mais sa relative fragilité et la difficulté de maintenance (surtout pour les mygalons) demandent du doigté et de la rigueur. Elle est donc réservée à des éleveurs confirmés.

Avicularia Sp. Bleu Velvet est une autre mygale du genre Avicularia que je possède. Comme sa cousine Caribena Versicolor, elle fait partie de la famille des Theraphosidae mais elle nous vient du Brésil. Elle est arboricole et ne descend que rarement sur la terre ferme. Elle préfère rester cachée dans les arbres. Chez moi elle n’est pas très farouche et se montre volontiers surtout en fin de journée.

C’est une petite mygale qui peut atteindre 13-15cm (pattes comprises). La couleur de sa robe est du bleu pâle au gris sur tout le corps mais elle possède de très (légers) beaux reflets turquoises surtout sur le céphalothorax. Elles deviennent plus foncées au fil des années.

Niveau maintenance elle demande un peu de savoir faire, surtout au niveau des mygalons. Elle demande une bonne hygiène dans son terra. Enlevez à chaque fois les proies mortes après le nourrissage et veillez à changer l’eau régulièrement. À cause de son mode de vie arboricole, un terra tout en hauteur est à conseiller : 20/20/40 est parfait. En captivité elle se nourrit très bien. 5-6 grillons ou blattes feront son bonheur. Une température de 22 à 25° lui suffit mais 25 à 27° seraient mieux pour son bien-être. Veillez tout de même à ne jamais descendre en dessous des températures minimales, idem pour l’hygrométrie. 80% serait parfait mais en appartement on peut difficilement atteindre ces normes donc veillez à maintenir une hygrométrie constante d’au moins 60 à 70%. En dessous cela pourrait poser quelques problèmes.

Côté caractère et comportement c’est une araignée plutôt sympa. Elle est calme mais peut se révéler rapide si elle se sent en danger. Comme toutes les mygales sud- américaines et américaines, elles sont munies de soies urticantes et n’hésitent pas à s’en servire si le besoin s’en fait sentir mais je dois dire qu’elle ne bombarde que rarement. Depuis le temps qu’elle est chez moi, je ne l’ai encore jamais vue agressive mais prudence tout de même.

En conclusion cette petite mygale est juste géniale, calme, belle, elle se montre facilement et si vous faites attention à lui offrir de bonnes conditions de maintenance, elle est parfaite pour un novice mais en raison de quelques points importants je la réserve à des éleveurs confirmés.

Je continuerai cette rubrique avec une autre de mes araignées que je trouve juste magnifique, la Chromatopelma Cyaneopubescens. Au même titre que la Caribena Versicolor, cette mygale est aussi spéciale de part sa superbe robe haute en couleurs mais un peu moins en raison de son caractère parfois irascible.

Elle nous vient donc du Venezuela et fait partie de la famille des Theraphosidae. Dans son milieu naturel, c’est une araignée qui peut atteindre des tailles impressionnantes de 17-20cm (pattes comprises) mais en captivité elles arrivent rarement au-delà des 18cm d’envergure. Ces pattes sont d’un bleu métallique, son céphalothorax est bleu-vert parfois avec des reflets turquoises et son abdomen est orange. Sa particularité est qu’elle est presque aveugle mais qu’elle compense ce handicap par une grande sensibilité aux vibrations de sa toile.

Une autre spécificité de cette araignée c’est que, quelque soit l’angle ou l’endroit d’où on l’observe, la couleur de ces poils reste la même. Des chercheurs ont appelé cette découverte « poils nano-structurés ». En revanche, on ne connaît pas vraiment quelle est l’utilité de cette coloration pour l’animal. C’est une espèce relativement facile à élever en captivité. On la trouve souvent chez les éleveurs. C’est une espèce robuste qui peut vivre entre 15 et 20 ans. En raison de sa taille de moyenne à grande, un terra de 30/30/30 lui convient bien. Une bonne épaisseur (5-10cm) de tourbe semi humide est parfaite. Une racine de liège lui offrira un refuge pour se cacher. Ce qui frappe également avec cette mygale c’est qu’elle fabrique une très grande quantité de toile qu’elle va déposer partout dans son terra de sorte qu’on ne la voit pas souvent.

Dans son terra, une température constante comprise entre 22-26° sera suffisante mais 30° serait mieux pour elle. Une hygrométrie de 50 à 60% est un minimum mais 70-80% serait parfait.

Coté caractère et comportement, elle est relativement calme mais prudence à cause de sa rapidité. Elle se nourrit très bien en terrarium. Elle est même très vorace. Pour finir, c’est une mygale que je conseille aux novices mais qui, en raison de sa rapidité conviendrait mieux à un éleveur confirmé.

 

Comment ne pas parler de la Monocentropus Balfouri dans cette rubrique ? Superbe mygale de l‘île de Socotra et de Madagascar aux superbes couleurs et au caractère facile. Elle aussi fait partie de la famille des Théraphosidae.

Je possède depuis des années une superbe femelle qui a 12 ans. Elle mesure 15cm (pattes comprises) mais dans son milieu naturel elle peut aisément dépasser cette taille pour atteindre les 20cm. Ma Balfouri est timide. Elle se montre tellement peu souvent que chacune de ses sorties nocturnes est un événement que je filme. La couleur de sa robe est de dominance gris foncé (fémur) à un dégradé de gris clair des patelles jusqu’aux tarses. Le céphalothorax est bleu foncé de la fovéa et devient plus clair sur les bords de la carapace. On retrouve ce bleu léger sur les trochanters jusqu’au fémur. Son abdomen est gris avec des reflets bleutés.

C’est réellement une très belle araignée. Sa maintenance est relativement simple même si certaines précautions sont quand même à prendre pour son bien être. Premièrement, c’est une espèce dite souterraine. Même si certains aiment dire qu’elle est terrestre, je confirme qu’elle aime creuser des galeries et vivre sous terre. Une bonne épaisseur de tourbe est indispensable donc un terrarium aux dimensions de 30/30/40 est un bon choix. Ajoutez-y 15-20cm de tourbe semi humide et de la coco pillée qui feront son bonheur. Pour plus de sécurité, vous pouvez y ajouter une racine de liège pour le cas où elle ne creuserait pas afin qu’elle ait tout de même un refuge.

C’est une espèce robuste. J’ai constaté qu’elle pardonne pas mal d’écarts et de petites fautes mais une température comprise entre 22-25° minimum lui sont indispensable en journée et pas moins de 20-21° la nuit. 60% d’humidité lui vont très bien. Pensez à bien changer et nettoyer son récipient d’eau et nettoyer son terra après chaque nourrissage. Pour le reste, comme je l’ai déjà écrit, elle ne pose pas de réels problèmes de maintenance. Où cela peut poser des soucis, c’est pendant le nourrissage. Elle est tellement timide qu’elle peut rester sans se nourrir 2-3 semaines voir plus. Je ne m’inquiète pas vraiment parce qu’à chaque fois que je la vois elle est alerte, elle ne maigrit pas et se porte bien. Je pense qu’elle a trouvé son rythme et que cela lui plaît ainsi. Je ne sais pas si elles se comportent toutes ainsi en captivité ou si c’est seulement la mienne mais je n’ai guère de raisons de m’inquiéter.

En conclusion, Monocentropus Balfouri est une superbe araignée que je conseille à tous, débutants ou confirmés, pour tous pleins de raisons mais il faut être patient pour l’observer. Pas mal d’entre vous se lasserons d’attendre qu’elle sorte de son trou. Exception faite de sa timidité c’est une mygale calme. Je ne l’ai jamais vue agressive et à chacune de ses apparitions vous saurez pourquoi vous l’avez acquise.

Voilà. Après les mygales faciles à vivre et à maintenir et celles demandant un peu plus d’expériences, nous allons parler maintenant de celles qui ne conviennent pas du tout aux débutants en raison de leur rapidité, de leur agressivité, voir leur dangerosité. Ces araignées demandent une grande prudence, de la rigueur dans leur condition de maintenance et parfois du courage. Elles ne sont pas à mettre entre toutes les mains et requièrent des années d’expérience dans la maintenance de mygales. Elles viennent principalement d’Asie ou d’Australie mais quelques-unes viennent également d’Amérique du Sud ou même d’Afrique. Rentrons maintenant dans le monde de ces superbes prédatrices.

Après la présentation de quelques-unes de mes araignées de bonne réputation, faciles à maintenir et au caractère docile et comportement placide nous voici maintenant dans le vif du sujet. Je vais vous parler de quelques araignées d’un autre genre puisque nous avons affaire là à ce qui se fait de plus grand, de plus gros, de plus rapide et agressif et surtout de plus venimeux.

Pour commencer, voici mes 3 plus grandes araignées. Je veux bien sûr parler des Theraphosa.

Je possède une Theraphosa Blondi (de Leblond) une Theraphosa Apophysis et une Theraphosa Stirmi. Sachant que ces 3 araignées ne sont pas mortelles pour l’homme, pourquoi je les ai placées dans cette catégorie me direz-vous ? Elles se trouvent ici en raison de leur taille premièrement et de leur mauvais caractère.

Commençons par la plus connue de ces trois mastodontes : la Theraphosa Blondi. C’est une mygale de la famille des Theraphosidae qu’on trouve principalement en Guyana, au Brésil et au Venezuela. Ce qui saute aux yeux la toute première fois que vous êtes confrontés à cette araignée, c’est sa taille. Ma Blondi est maintenant adulte. Elle mesure facilement 28cm de diamètre (pattes comprises) et de se dire qu’elle va encore grandir fait presque froid dans le dos mais quel bel animal c’est.

On voit souvent sur les réseaux sociaux des vidéos et autres photos de cette araignée donc on ne la présente plus ou presque mais de la voir ainsi sur un écran ou de la voir derrière une vitre de terrarium ce n’est pas du tout la même chose. Quand je l’observe, un sentiment me vient tout de suite à l’esprit. Tout chez cette mygale donne une impression de puissance. Elle vous donne presque la chair de poule mais après quelques minutes ce sentiment de crainte et de peur fait place à de l’admiration et après quelques minutes supplémentaires on a presque envie d’ouvrir le terra et de la porter sur soi mais pour ça encore faut-il oser. Mais si l’envie vous en prend la belle va vite vous en dissuader parce qu’une fois le terra ouvert, la belle se transforme en bête et là, je vous garantis que l’expression « chier dans son froc » prend toute sa valeur parce que cette araignée ne va pas seulement se retourner à une vitesse fulgurante mais elle va charger jusque devant la vitre frontale du terra avant de s’arrêter et là elle stoppe et reste immobile devant vous, elle ne bouge plus mais vous non plus. Que faire dans cette situation ? Le plus simple est de garder son calme et son sang froid, de ne jamais paniquer. Comme les mygales ont une très mauvaise vue, évitez tout de même les gestes brusques devant elle et, tout en douceur, refermez la vitre du terra. En général la bébête s’en retourne se cacher sous sa racine ou dans son terrier.

Cette aventure, je l’ai vécue quelques fois et c’est toujours aussi impressionnant parce que cette araignée est vraiment juste incroyable, vous pouvez me croire. Mais qu’est-ce qui la rend aussi impressionnante ? A part sa taille, je dirais sa couleur. Sa robe est de couleur marron recouverte de poils roux. Cette couleur combinée à sa taille donne quelque chose d’unique. Une des particularités de la Blondi est la rondeur de son céphalothorax.

En terrarium elle est assez facile à maintenir. Il faut tout de même penser à prévoir un terra de bonne taille pour les raisons que vous imaginez, 30/30/30 est suffisant. Une épaisseur de tourbe semi-humide de 15-20cm est parfait. Elle n’a pas pour habitude de creuser mais d’utiliser des galeries creusées par d’autres petits animaux mais une racine de liège fera très bien l’affaire. Elle apprécie l’humidité donc pensez à humidifier souvent son terra (1x par semaine) et essayez de maintenir une humidité constante de 60%. Idem pour la température, 22-26° lui conviennent même si elle préfère des températures plus élevées de 26-28°.

Elle est également très vorace et se nourrit très bien en captivé. Mais pour les amoureux du manipulage je vais vous refroidir un peu. Cette espèce est plutôt calme certes. Quand personne ne la dérange tout se passe bien mais dès que quelque chose entre dans son terra ou son espace elle devient très agressive. La taille de ces chélicères devraient vous dissuader de la manipuler. Même si je sais que certains le font et que tout se passe bien, dites-vous que la morsure de cette mygale n’aura pas d’issue mortelle mais sera très douloureuse avec de possibles risques d’infections donc à méditer.

En conclusion, cette Theraphosa Blondi est une superbe araignée, impressionnante, énorme. Les qualificatifs ne manquent pas pour la décrire mais, même si c’est une espèce relativement facile à maintenir, je la déconseille fortement aux débutants en raison de sa rapidité et sa grande agressivité. Pour les autres, elle vous fera rêver.

La deuxième de ces géantes que je possède c’est la Theraphosa Apophysis. J’ai longtemps cherché cette araignée très rare en Europe et c’est un ami qui me l’a trouvé l’année passée. J’étais fou de joie quand je l’ai réceptionnée et, aujourd’hui encore, je ne me lasse pas de l’observer dans son terra entre la Blondi et sa cousine la Stirmi.

Cette très grande mygale qui mesure presque 30cm ( pattes comprises) est de la famille des Theraphosidae tout comme ses deux proches cousines. Elle vient de Colombie, Venezuela et Brésil. On l’appelle également « ‘araignée Goliath aux pieds rose »ou  « Pinkfoot Goliath » en anglais.

Sa robe est très semblable à la Blondie à l’exception des pattes, les tarses plus spécialement, des mygalons qui sont rose mais qui au fil des mues va reprendre une couleur marron, couleur que l’on retrouve sur tout le corps, céphalothorax, abdomen et pattes, elle est peut même un peu plus foncée que la Blondie.

Là encore un terrarium de grande taille (30/30/30) est conseillé pour maintenir cette espèce dans de bonnes conditions. On peut ajouter 15 à 20cm d’épaisseur de tourbe semi-humide ainsi qu’une racine de liège qui lui servira de refuge. Moi j’ai rajouté de la mousse pour maintenir une humidité plus constante dans son terra. En effet, elle est un peu plus sensible à l’hygrométrie que sa cousine et demande un peu plus de rigueur et d’hygiène mais sinon les conditions de maintenance sont identiques à T. Blondie. Une température entre 22 et 25° sont un minimum (26- 28 voir 30° serait idéal) et 60% d’humidité (80% serait parfait).

Coté caractère et comportement, rien de changé par rapport à sa cousine. Elle peut paraître calme en apparence uniquement mais dès qu’elle est dérangée, elle devient très agressive et défend son territoire farouchement et malheur à celui qui laisse sa main à sa portée. Je suis super content d’avoir cette magnifique mygale chez moi et en conclusion et pour les mêmes raisons que pour sa proche parente, je la déconseille aux débutants quant aux autres, il faut s’armer de patience pour la trouver.

La dernière de mes grandes araignées, et pas des moindres, c’est ma Theraphosa Stirmi. Je ne dis pas des moindres parce que malgré son jeune âge (elle a 4ans) elle est déjà très imposante mais c’est surtout par son caractère qu’elle impressionne. Une fois adulte, elle sera un petit peu plus petite que ses deux cousines puisqu’elle va atteindre une taille comprise entre 26-28cm (quand même).

Ce qui la différencie des deux autres géantes c’est son caractère irascible. On dirait une ex-femme frustrée en manque d’affection, à part que de l’affection je lui en donne, mais de derrière la vitre de son terra. Trêve de plaisanteries, cette araignée est une véritable teigne avec laquelle il faut vraiment être prudent. Elle se ruera sur vous en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et, pour être précis, je l’ai même vu faire des bonds pour attraper sa proie. Elle est juste trop impressionnante.

Côté robe, elle ressemble plus à T. Blondie qu’à T. Apophysis. Elle est de couleur marron uniforme sur tout le corps et elle a même moins de poils que ses deux cousines. Elle est par contre plus fine que les deux autres, c’est pour cela qu’elle est plus agile et rapide. De ce fait et compte tenue de sa taille, un terrarium de 30/30/30 est conseillé avec une épaisseur de tourbe semi-humide de 15-20cm. Chez moi, elle ne creuse pas mais j’ai lu plusieurs récits sur cette espèce et elle creuserait des galeries profondes donc une bonne épaisseur de tourbe est conseillée. Ajoutez une racine de liège comme refuge dans le cas où elle ne creuserait pas ou peu. Pour le reste, les conditions de maintenance sont identiques à celles des autres Theraphosa c’est à dire une température comprise entre 22-26° (26-28° serait mieux) et une hygrométrie de 60% (80% serait parfait).

C’est du côté du caractère et du comportement que cela devient réellement sport avec T. Stirmi. À la différence des deux autres, elle se montre plus facilement. Elle cherche constamment à grimper sur les vitres de son terra comme si elle cherchait à sortir et se faire la malle. Elle est très souvent plus active que les deux autres. Normalement une mygale qui est toujours en mouvement dans son espace de vie ce n’est jamais de bon augure mais, renseignements pris auprès de professionnels de cette espèce, c’est dans son comportement. Elle est souvent comme ça, il n’y a pas de raison de s’en inquiéter. Évitez quand même d’ouvrir son terra si elle se trouve près des vitres coulissantes elle ne demanderait pas mieux pour s’échapper.

En conséquence, j’adore cette grande araignée rapide, élancée, au caractère bien trempé et relativement facile à maintenir. C’est pour toutes ces raisons que je la conseille qu’aux éleveurs confirmés.

Voilà, je viens de vous présenter trois des araignées les plus impressionnantes de la création. Trois monstres que les arachnophobes détestent plus que tout surtout en raison de leur taille surprenante mais il faut savoir que malgré ça, ces mygales ne sont pas du tout dangereuses pour l’homme. La morsure sera certes très douloureuse mais pas du tout mortelle pour nous. Au contraire de celles que je vais vous présenter maintenant.

Si les Theraphosa sont les véhicules utilitaires de mon garage, celles dont je vais vous parler à présent sont des super-cars, des voitures de courses profilées à l’extrême, rapides, teigneuses. Le genre de caisses qu’on rêve d’avoir dans son garage.

À vos marques…….prêt…….partez !!!

Comment qualifier ces araignées ? C’est une question que je me suis souvent posée parce que ce sont bien souvent les plus belles, les plus chères, les plus rares mais surtout les plus venimeuses aussi. Je vais donc les prendre dans l’ordre qui me semble le plus approprié, de la moins dangereuse à la plus dangereuse. Certains ne seront peut être pas d’accord avec moi mais, comme je l’ai dit au début de cette rubrique, je vous relate mes expériences avec les araignées que je possède, ce que je vis et partage avec elles et, de part mes observations, je vous donne mon classement personnel.

Pour commencer ce classement, je vous présente la Psalmopoeus Cambridgei. C’est une superbe araignée qui nous vient de Trinité et Tobago et qui, comme toutes les mygalomorphes, fait partie de la famille des Theraphosidae.

C’est une superbe mygale arboricole (qui vit dans les arbres) et que l’on reconnait facilement à cause de sa posture, adoptée par beaucoup de mygales arboricoles, pédipalpes et pattes 1 tendues en avants alors que ses pattes 2, 3 et 4 sont tendues vers l’arrière du corps. Cette position est également adoptée par d’autres araignées arboricoles dont je vous parlerai plus tard.

Sa robe tourne autour du gris sur tout le corps et du gris-vert sur le céphalothorax. Elle possède aussi des chevrons gris foncé presque noirs du plus bel effet sur l’abdomen. C’est une espèce robuste qui demande peu de soin en tout cas rien de trop compliqué même pour un débutant. Comme c’est une espèce arboricole, il lui faut un terra tout en hauteur, 20/20/40 sera parfait pour elle. Pas besoin d’une grande épaisseur de tourbe (5 à 10cm suffisent) mais ajoutez-y une belle racine de liège qui lui servira de refuge quand elle voudra se cacher. C’est une espèce assez timide et qui se montre épisodiquement. Concernant sa maintenance, il n’y a pas de gros soucis. Elle se nourrit très bien en captivité et ne demande pas des conditions parfaites. Elle pardonne pas mal d’écarts. Veillez tout de même à lui offrir une température constante de 22 à 25° et une humidité de 60% pour son bien-être.

Pourquoi cette mygale se retrouve dans cette catégorie me demanderez-vous alors ? En raison de son caractère et surtout de son agressivité. En effet, elle semble calme en apparence, mais en apparence seulement. Quand elle est dérangée c’est une araignée qui ne fuit pas et qui fait face à son agresseur. Elle se poste devant vous en position de défense et, chélicères droit en avant, il lui arrive même de faire des bonds pour attraper son agresseur et je le dis parce que je l’ai vu faire de mes propres yeux. Croyez-moi, c’est impressionnant et flippant. C’est une espèce très rapide et elle rate rarement son objectif et si sa proie c’est votre main ce n’est pas drôle !! Une étude récente a révélé que le venin de cette mygale est actif sur l’homme c’est donc un point de plus à ne pas négliger. Sa morsure ne provoque peut-être pas la mort chez l’être humain mais les conséquences peuvent être dramatiques quand même. En conséquence, elle est déconseillée aux débutants.

La seconde de ces mauvaises filles est l’Omothymus Violaceopes (anciennement Lampropelma ).

Cette belle et grande araignée nous vient de Malaisie et de Singapour plus précisément. Elle fait parti de la famille des Theraphosidae.

C’est une des mygales les plus rapides que je connaisse mais aussi la plus agressive. Avec cette espèce il n’y a pas de demi mesure. Dès que vous ouvrez son terra elle sort de sa cachette parce qu’elle est très curieuse et là il vaut mieux tourner les talons et la laisser tranquille. Cette mygale est juste magnifique. Son céphalothorax est gris avec des reflets bleus, son abdomen est plutôt gris bleu avec des chevrons noirs. Ces pattes, du fémur aux patelles, sont bleu assez foncé et se dégradent sur le gris jusqu’au métatarses, tibias et tarses.

C’est une des plus grandes espèces de mygales arboricoles d’Asie, si ce n’est la plus grande. La mienne est encore une jeune (Sub-adulte) mais elle a déjà une taille raisonnable d’environ 18cm de diamètre (pattes comprises). Une fois adulte, elle atteindra facilement 25 à 28 cm de diamètre. Les femelles sont très agressives envers le mâle ce qui rend la reproduction de cette espèce très compliquée, le mâle servant souvent de repas à la demoiselle.

Comme pour les espèces sud-américaines, les mygales arboricoles d’Asie descendent rarement sur la terre ferme. Elles se cachent sous l’écorce des arbres ce qui les rend encore plus difficile à observer. Pensez donc à lui offrir un terra de 20/20/40. Dix cms de tourbe semi-humide feront son bonheur. Placez une grande racine de liège de biais pour lui servir de refuge. Pour le reste, c’est une araignée très robuste qui pardonne pas mal d’erreurs de débutant. Les points essentiels sont une température comprise entre 23 et 26° et une humidité constante de 60%.

C’est une espèce qui se nourrit très bien en captivité mais, comme je l’ai déjà précisé, il faut être très prudent pendant cette manœuvre en raison de sa grande agressivité. Il faut savoir que le venin de cette magnifique bête est très actif sur l’homme et si, à ce jour, aucun cas de mortalité n’a été recensé, sa toxine est suffisamment puissante pour faire de gros dégâts.

En conclusion je déconseille cette superbe mygale aux novices car malgré sa robustesse et sa facilitée de maintenance elle est, à cause de son mauvais caractère et son extrême agressivité, une mauvaise candidate pour débuter dans la maintenance des mygales.

Dans cette catégorie, je rajoute encore les Chilobrachys Huahini et la Chilobrachys Sp. Vietnam Bleu.

La Huahini est une très belle mygale à la couleur brun jaune, couleur que l’on trouve plus facilement chez les araignées d’Afrique. Elle est de la famille des Theraphosidae et se trouve en Malaisie et en Thailande.

C’est une espèce très timide qui ne se montre que rarement. Huahini est une araignée qui a la particularité de tisser beaucoup. Chez moi, elle a fait de superbes toiles sur sa racine. Elle semble se perdre dans cet amas de toile et du coup il est bien difficile de l’observer correctement mais ces toiles sont aussi du plus bel effet et donne à son espace de vie un aspect lugubre.

Sa robe est brune uniformément sur tout le corps. C’est une araignée de taille normale, ni trop grande ni trop petite. Elle fait environ 15cm de diamètre (pattes comprises) mais je pense qu’elle va encore prendre 2-4cm au fur et à mesure des mues à venir. Comme souvent chez les mygales asiatiques elle à peu de poils et de soies urticantes. Elles ne sont du reste pas réputées pour bombarder comme leurs cousines américaines et sud-américaines.

Comme elle apprécie de creuser, il faudra lui proposer un terrarium avec une bonne épaisseur de tourbe. Pour la dimension du terra 30/30/30 est un bon compromis avec 15-20cm de tourbe semi-humide. Vous pouvez rajouter une petite racine de liège comme second refuge ainsi que des plantes naturelles même si je ne suis pas partisan des terras plantés. Il faut porter une attention plus particulière aux conditions de maintenance. 22 à 26° sont un minimum pour la température. 30° serait plus approprié pour cette espèce. L’humidité ne doit pas tomber en dessous de 60% mais une hygrométrie constante de 80% est primordiale surtout si vous voulez vous lancer dans la reproduction de cette araignée. Pour le reste, elle est assez robuste. Changez assez souvent son récipient d’eau et veillez qu’il soit tout le temps plein. En captivité c’est une mygale qui se nourrit plutôt bien même si elle n’est pas aussi vorace que certaines autres araignées asiatiques.

Côté caractère et comportement, il faut accorder une grande prudence si vous devez travailler dans son terra. Comme elle se cache beaucoup, ça ne veut pas dire que vous êtes tranquille et que c’est sans danger. C’est une espèce très véloce et rapide qui fondra sur votre main si vous la dérangez. Sa morsure est très très douloureuse mais pas mortelle pour l’homme. Les effets de la morsure sont divers et propres à chaque personne : fièvre, nausées, vomissements, forts maux de tête sont les principaux effets négatifs mais le risque d’infection n’est pas à exclure.

Pour conclure avec la Chilobrachys Huahini, je dirais que c’est une très belle mygale avec une couleur surprenante que j’adore, relativement facile à maintenir et assez robuste. Elle n’est pas conseillée à un éleveur débutant en raison de sa rapidité et de son agressivité et de son venin relativement actif sur l’homme. Évitez les mygales asiatiques pour débuter c’est mon principal conseil.

Chilobrachys Sp. Vietnam Bleu est juste magnifique. Elle est endémique du Vietnam et comme toutes les mygales asiatiques c’est une petite teigne rapide et très venimeuse. Elle fait partie de la grande famille des Theraphosidae. C’est une grande araignée qui peu atteindre 18-20cm de diamètre (pattes comprises).

Sous sa robe grise et bleue, elle cache un caractère explosif et c’est une espèce avec laquelle il faut une grande prudence. Elle est d’aspect assez fine, élancée, on voit au premier coup d’œil qu’elle est rapide et à qui on a à faire. Sa robe premièrement est à dominance grise sur le céphalothorax et l’abdomen. Les femelles ont des reflets bleus sur l’abdomen alors que les mâles sont gris sur tout le corps. On retrouve ce bleu assez foncé chez la femelle sur le trochanter et les fémurs, des patelles au tarses le bleu se dégrade avec le gris. Sous certains aspects elle ressemble un peu à l’Omothymus Violaceopes mais la taille trahie cette dernière. Avec sa forme élancée on dirait que cette araignée est taillée pour la course et ce n’est pas qu’une impression. Expérience faite, elle est super rapide.

Elle aime creuser donc prévoyez un terrarium de 30/30/30 et une épaisseur d’environ 15-20cm de tourbe semi-humide. Ajoutez une racine de liège comme refuge de secours ainsi que des morceaux de coco. Si vous avez envie de vous amusez, rajouter des plantes naturelles pour le visuel. Comme pour la C.Huahini il faut une température constante assez élevée 22-26° au minimum et une humidité de 60% mais 80% serait préférable. Son récipient d’eau doit être régulièrement changé et rempli d’eau propre et le terra doit être bien aéré. Sinon, côté maintenance, elle ne pose pas autrement de problèmes. C’est plutôt du côté de son caractère et de son comportement qu’il faut être prudent.

Cette araignée se cache et on dirait qu’elle n’attend que de vous sauter sur la main. On peut l’observer à l’affût à l’entrée de son terrier ou de sa racine et dès que quelque chose passe à sa portée elle bondit comme un éclair avant de retourner aussi vite se cacher. Il faut une bonne dose de courage pour travailler dans son espace de vie. Le mieux serait de la sortir si vous devez faire de gros travaux dans son terra. Ce serait plus sûr à mon avis, c’est ce que je fais en tout cas . Son venin est réputé actif sur l’homme donc les conséquences peuvent être dramatiques. Même si aucun cas de mortalité n’est recensé concernant cette espèce, les suites d’une morsure de ce genre de mygale sont diarrhées, fièvre, douleurs musculaire, maux de tête, vomissements, donc rien de bien sympathique.

Pour conclure, je dirais que cette Chilobrachys Sp. Vietnam Bleu est magnifique et que tous éleveurs confirmés se devraient d’en posséder une. Mais pour les débutants, il vaut mieux se faire la main avec une mygale plus facile et au caractère et comportement plus placide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pensionnaire suivante est la seule mygale que je possède qui vient du continent africain. Elle est aussi une des plus venimeuses et dangereuses parmi les araignées de la famille des Theraphosidae. Voici donc la Pterinochilus Murinus. Attention, quand je dis venimeuse, je ne veux pas dire qu’elle est mortelle pour l’homme mais que son venin est très actif sur nous et que les conséquences d’une morsure de ce genre d’animal peut faire pas mal de dégâts et laisser des séquelles pour le restant de vos jours. Le venin ce cette mygale est une puissante neurotoxine qui pourrait être létale pour une personne âgée et de jeunes enfants. Sinon vomissements, crampes, palpitations cardiaque, forte fièvre et, dans certains cas, coma et, encore plus rare, la mort sont les symptômes de la morsure d’une de ces araignées.

Cette araignées est donc strictement à déconseiller aux débutants. Il faut avoir de longues années d’expériences dans la maintenance des mygales pour pouvoir en détenir une. Pourtant, malgré le faite qu’elle soit si dangereuse, c’est aussi et avant tout une superbe mygale et probablement une des plus belles du continent africain. Ce n’est pas une très grande espèce. Une femelle adulte peut atteindre 15-18cm voir 20cm pour les plus grands spécimens et les mâles sont très nettement plus petits, environ 10-12cm (pattes comprises). Cette araignée est juste magnifique. La teinte uniforme sur tout le corps est le orange à orange clair. Chaque jointure de ces pattes est entre-coupé d’un petit et fin filet beige très clair qui donne à cet animal un effet très spécial. Elle est par contre très poilue, surtout sur les pattes qui sont garnis de gros poils qui lui donnent un aspect un peu étrange mais que j’aime beaucoup.

Je dois avouer que je la découvre encore aujourd’hui, je l’ai accueilli alors qu’elle n’était qu’un mygalon et maintenant elle doit faire dans les 5-6cm de diamètre. Elle est encore petite et pas sexée. Je rêve personnellement d’avoir une femelle mais pour le moment je ne me préoccupe pas de ça. Je la regarde grandir et évoluer au fil des petites mues qu’elle fait tous les 4 mois environ et c’est fascinant de voir la métamorphose de cet animal. Même les arachnophobes seraient épatés de voir ce spectacle.

En raison de sa petite taille et de son jeune âge, je la maintiens pour le moment dans un terrarium de petite taille 20/20/20 et comme elle aime creuser, pensez à mettre une épaisseur de tourbe semi-humide (10cm pour la mienne actuellement) en bonne quantité. Elle tisse beaucoup de toiles autour de l’entrée de son terrier ou de son refuge et se place toujours à proximité de l’entrée afin d’attraper le plus de proies possible. Cette petite teigne est très vorace et se nourrit très bien en terrarium.

Pour les conditions de maintenances, elle vit dans une pièce où la température est de 25° en journée et 21° la nuit, un peu plus chaud ne lui déplairait pas mais elle s’adapte bien a ces températures. Elle apprécie les climats arides donc 50 à 60% d’humidité lui conviennent très bien. Pour le moment cette petite mygale se développe très bien et grandit à son rythme. Je change son petit récipient d’eau fréquemment et je nettoie régulièrement son terra.

Au niveau du caractère et comportement, elle est déjà très véloce et rapide mais elle est surtout très craintive. Au moindre bruit ou vibration qu’il y aurait dans son espace ou même dans la pièce elle va se cacher dans son terrier qu’elle a déjà creusé sous une racine. Il m’est donc difficile pour le moment d’évaluer son réel caractère mais j’ai déjà pu constater pendant le nourrissage à quel point elle est rapide. En conclusion, cette Pterinochilus Murinus juvénile est passionnante à voir évoluer et grandir. Je me réjouis qu’elle atteigne sa taille définitive et de voir comment elle va se comporter plus tard mais pour le moment c’est une mygale géniale et très belle. Malheureusement, je la déconseille clairement à des éleveurs débutants car une fois adulte elle va devenir encore plus rapide et dangereuse.

Toutes ces mygales ont mauvaise réputation. Au début de cette rubrique, je vous avais dit que vous verriez la différence entre les mygales américaines, sud-américaines et asiatiques. Je pense maintenant que vous avez compris ce que je voulais dire par là. Les différences entre les araignées d’Amérique du Sud et d’Asie ne s’arrêtent pas là parce que si la Guyane ou le Brésil possèdent les plus grandes et les plus grosses araignées du globe, c’est bien sur le continent asiatique que se trouvent les mygales les plus belles mais aussi les plus agressives et les plus dangereuses. Attention, là je parle de mygalomorphes. Il faut quand même savoir que les araignées sont divisées en deux catégories principales : les Labidognathes et les Orthognathes. C’est dans cette seconde catégorie que l’on retrouve les mygalomorphes et donc les Theraphosidae et dans cette catégorie d’araignées, une seule est mortelle pour l’homme : l’Atrax Robustus, qui elle, fait partie de la famille des Atracidae et non pas des Theraphosidae comme la plupart des araignées que je présente et que je

possède.

Mais c’est bien dans la première catégorie, les Labidognathes, que se trouvent les araignées les plus dangereuses pour l’homme puisqu’on retrouve les Latrodectus (Veuves noires), Loxosceles ou autres Phoneutria (araignées bananes). On trouve des traces d’autres espèces potentiellement dangereuses pour l’homme dans les familles des Segestriidae (Segestria) Agelenidae (Tegeneria) Salticidae

(Phidippus) Heteropodidae (Heteropoda) et Lycosidae (Lycosa). Quand on connait la taille des Mygalomorphes et surtout de la famille des Theraphosidae, on se demande comment une Latrodectus peut être si dangereuse pour nous alors qu’une Theraphosa Blondi ne l’est pas. La réponse est simple, c’est tout simplement l’évolution. Les Labidognathes sont des araignées plus évoluées que les Orthognathes. Au fil des siècles, elles ont perfectionné leur système de défense et surtout leur toxine donc leur venin alors que les Orthognathes ont évolué différemment et son devenues plus grandes, plus puissantes et donc leur venin n’a pas eu la même évolution. Pour finir de vous convaincre, il y a sur Youtube une vidéo qui passe où l’on voit une Atrax Robustus aux prises avec une Latrodectus (veuve-noir) et l’issue de ce combat est rapide et ne souffre aucune comparaison. En moins de 2 minute la Latrodectus met à mort l’Atrax pourtant 10 fois plus grande que cette dernière.

 

Si une Latrodectus Mactans venait à vous mordre, voici à quoi vous seriez confronté : la morsure n’est pas immédiatement douloureuse (Latrodectus signifie « mordeur silencieux »). Quelques minutes (10-15) après surviennent le spectaculaire « latrodectisme » dont le tableau complet est le suivant :

Douleur au point d’injection puis sur le trajet lymphatique.
Contractures musculaires extrêmement douloureuses, abdominales (souvent les plus sévères),
dorso-lombaires, des membres inférieurs et parfois de la face, simulant un tétanos ;
Céphalées, vertiges, polypnée superficielle, tremblements, hypersialorrhée, hyperlacrymation,
sueurs, hyperesthésie cutanée, nausées, vomissements, arthralgies, rash cutané (retardé), anxiété,
agitation, insomnie.
Dysautonomie : menaçantes variations du rythme cardiaque, de la TA, de la température ;
Infection locale rare.
Complications (rares) : insuffisance rénale aiguë, myocardite, rhabdomyolyse, collapsus cardio-vasculaire, coma.

La létalité est mal établie en raison du grand nombre de sous-espèces, de l’absence de données dans de nombreuses zones du monde et de la grande hétérogénéité de la prise en charge médicale. Aux États-Unis, on admet une létalité inférieure à 1%. Bien évidemment, la létalité est aggravée chez le jeune enfant, les personnes âgées et les sujets atteints de maladie chronique (cardio-vasculaire, respiratoire…)… Dans la grande majorité des cas, ces troubles connaissent une régression régulière et lente 2 à 3 jours après la piqûre mais la guérison peut être tardive, entre plusieurs semaines voire mois. Les formes frustes ou purement locales seraient fréquentes. Pour vous imaginer la chose il faut savoir que le venin de la Veuve-noire est 15 à 20 fois plus puissant que celui d’un crotale par exemple. Pour l’Atrax, c’est pas mal aussi puisqu’elle est responsable de la mort d’une trentaine de personnes dans les années 70 à 84 années ou un sérum a été mis au point et depuis, plus aucun cas de mortalité n’a été révélé jusqu’à ce jour.

Les récits sur des araignées tueuses sont nombreux mais peu documentés donc peu fiables à mon avis. Il est difficile voir impossible d’établir une relation de cause à effet quant à la dangerosité de ces espèces. A ce jour, seuls trois genres d’araignées sont reconnus comme responsables de cas documentés et recensés de mortalité humaine. Les Atrax, les Latrodectus et les Loxosceles.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les mygales que je vais vous présenter maintenant sont reconnues comme dangereuses pour l’homme parce que leur neurotoxine est puissante mais jusqu’à aujourd’hui aucun cas de mortalité n’a été recensé. Des témoignages de morsures très précis existent et sont nombreux c’est donc pour cette raison que je déconseille à toute personne n’ayant pas les compétences nécessaires et des années d’expériences dans la maintenance de mygales asiatiques de détenir une de ces espèces.

Dernier point important, ces araignées font toutes (ou presque) partie de la même espèce qui est depuis quelques années très recherchée à cause de sa beauté et elle devient donc très rare, surtout dans son milieu naturel. C’est pour cette raison qu’elles sont inscrites sur liste rouge au CITES. Cette espèce est la Poecilotheria. Cette araignée se décline en 14 genres qui vivent toutes en Inde et au Sri Lanka. Elle était très répandue il y a quelques années encore mais depuis peu, certaines d’entre elles deviennent très rares voir même en voie d’extinction à cause de leur beauté. Elle fait partie de la grande famille des Theraphosidae et c’est l’une des plus grandes mygale d’Asie mais elle se démarque surtout par son mauvais caractère et son comportement agressif voir très agressif. Certaines araignées d’Asie sont probablement plus dangereuses mais leur venin est très actif sur l’homme comme le démontrent tous les témoignages recensés et documentés.

 

Je vais commencer par la perle d’Inde, probablement la plus belle du genre et peut-être même la plus belle des mygales : la Poecilotheria Metallica. J’en possède plusieurs et je me lasse jamais de l’observer car sa robe bleue m’hypnotise à chaque fois. J’ai 4 femelles adultes et un mâle adulte également et j’ai quelques mygalons qui grandissent très bien. On ne l’appelle pas la « mygale saphir » pour rien. Sa superbe robe bleu métallique n’est pas étrangère à son grand succès auprès des éleveurs et des nouveaux collectionneurs d’araignées.

Cette espèce n’est pas la plus grande du genre. Une femelle adulte atteint un diamètre d’environ 18 à 20cm (pattes comprises). C’est une arboricole et par comparaison aux autres mygales du genre, elle est peut-être un peu moins agressive que ses cousines proches mais elle reste tout de même rapide et imprévisible. Soyez prudent à tout moment avec ce genre d’araignées. Comment décrire cette mygale ? Je pense que toutes les personnes qui en ont vu une seront d’accord avec moi pour dire qu’elle est fabuleusement belle. Les femelles sont bleues sur tout le corps, les pattes sont bleu métallique avec les jointures entre les patelles et les tibias jaune vif surtout sur le dessous des pattes. Son céphalothorax est bleu mais un peu moins prononcé avec un motif bien dessiné et significatif de couleur blanc qui se poursuit sur l’abdomen. Ce contraste entre ce bleu entre-coupé de jaune vif est du plus bel effet. Comme c’est une espèce arboricole, un terrarium de 30/30/40 est un minimum. Pas besoin d’une grande épaisseur de tourbe mais 10cm sera parfait. Le tourbe aide à réguler l’hygrométrie dans le terra, c’est pourquoi du tourbe semi-humide est conseillé. Ajoutez-y une grande racine de liège en oblique pour qu’elle s’y réfugie quand elle voudra se reposer et si vous le désirez, ajoutez encore des plantes naturelles qui donneront à son terra un aspect plus réel. Pour le reste, une température entre 22 et 26° est un minimum de même que 60% d’humidité. 28 à 30° et 80% seraient des conditions optimales mais elle s’adapte plutôt bien à des conditions minimales que j’ai expliqué au départ. Elle est plutôt robuste et comme je l’ai dit elle s’adapte bien.

Côté caractère et comportement c’est une Poecilotheria et pour ceux qui connaissent cette espèce ils savent de quoi je parle. Imprévisible, rapide et très venimeuse, je pense que j’ai résumé la bébête. Il faut vraiment être très prudent quand vous avez des travaux à faire dans son terra. Évitez de bouger ou de retourner sa racine ou alors bouchez les 2 extrémités afin qu’elle ne puisse sortir d’un côté ou de l’autre parce que comme je l’ai déjà dit, elle sera vite sortie de sa racine pour se retrouver sur votre main et n’hésitera pas à mordre et je le sais par expérience. Soyez donc méthodique et rigoureux afin de vous éviter des problèmes et de lui causer trop de stress.

Pour conclure, cette mygale est juste magnifique. Elle mérite une place de choix dans votre collection mais n’oubliez pas à qui vous avez affaire. Une araignée qui est très venimeuse, pas spécialement agressive mais qui vous fera face si vous la dérangez et qui n’hésitera pas à mordre si le danger persiste. Malgré sa grande beauté et sa relative robustesse, je déconseille fermement cette Poecilotheria Metallica aux débutants.

Chez les Poecilotheria, il n’y a pas vraiment un ordre pour déterminer celle qui est la plus dangereuse ou agressive. À la base, je pense que toutes les araignées de cette espèce se ressemblent côté comportement et caractère. Si il y avait un classement à faire, ce serait plutôt du côté de leur taille et de leur beauté.

Si on devait parler de comportement, la Poecilotheria Subfusca est un bon exemple. Elle est considérée par pas mal d’éleveurs comme étant une des mygales du genre les moins agressives. Cette araignée nous vient du Sri-Lanka et fait partie de la famille des Theraphosidae. C’est également, et il faut le signaler, une des plus petites mygales de cette espèce. Une femelle adulte atteint la taille (certes déjà raisonnable) de 16-18cm (pattes comprises) et, comme souvent, les mâles sont plus petits. Elle possède un corps sombre noir et jaune. Le centre de son abdomen présente une bande claire typique de cette espèce. Ses pattes sont marrons et grises et ornées de jaune. Comme ses cousines, c’est une espèce arboricole qui se cache souvent dans sa racine. C’est

probablement la plus timide des Poecilotheria mais ne vous fiez pas à ça parce que dès qu’elle estdérangée, elle réagi comme toutes les autres mygales de son espèce.